


**Aksak Groovebox**
Erberk Eryilmaz
(2025) a été commandée par Caio Diniz, Emily Richardson et Nicholas Lindell pour *Refracted*, avec le soutien de la Ville de Houston par l’intermédiaire de la Houston Arts Alliance.
Cette œuvre se situe au carrefour des métriques *aksak* — le langage rythmique et métrique asymétrique de la Turquie et des cultures voisines — et de mes influences musicales américaines. La pluralité, la richesse et l’esprit de liberté d’expression incarnés par tant de musiciens américains m’ont profondément guidé au cours des quinze années que j’ai vécues aux États-Unis. Leur influence s’est naturellement inscrite dans ma musique.
Je ne souhaite pas indiquer explicitement où se manifestent mes sources d’inspiration, mais les auditeurs attentifs pourront peut-être y percevoir des échos de Dave Brubeck, John Coltrane, Aaron Copland, William Schuman et James Brown. Tout comme Brubeck s’était rendu en Turquie pour y puiser l’inspiration de *Blue Rondo à la Turk*, chacun de ces musiciens a franchi les frontières des styles et des cultures avec curiosité et ouverture. Ils ont été mes guides et, avec *Aksak Groovebox*, j’ai voulu leur rendre hommage en écrivant l’œuvre la plus pluraliste — et peut-être la plus américaine — que j’aie jamais composée.
Tog, Tog, Tog, Tog
Seessa Kauffman
Seessa est inca et a grandi en écoutant de la musique traditionnelle Kichwa en Équateur et s'est inspiré de ces sonorités. La musique Kichwa a une instrumentation similaire à celle de cet ensemble avec un enregistreur, un violon et un instrument à cordes. « Tog » signifie « allons-y » en Kichwa et est destiné à encourager les gens lorsqu'ils dansent. Les danseurs tapent du pied pour encourager la terre à continuer à grandir.
À Selim Sesler
Hümeyra Meriș Karsi
Cette pièce a été composée en 2026 pour le programme de composition PluComp au festival de musique Du Vert à L'Infini en France.
J'ai dédié ce travail à Selim Sesler, l'un des clarinettistes les plus importants de la musique thrace et des Balkans. En composant, j'ai écouté plusieurs de ses enregistrements. Mon intention n'était pas d'imiter sa musique, mais de transformer les impressions qu'elle m'a laissées en mon propre langage musical.
J'espère que vous entendrez non seulement un hommage à Selim Sesler, mais aussi le lien invisible que la musique crée entre les gens.
Sefer
Nebal Maysoud
En ce moment, dans mon pays natale, le Liban, la guerre a engendré un climat de peur et de division au sein de la population, alors même que nous devrions être unis dans la quête de la paix. Cette œuvre témoigne de mon amour pour tous les peuples du Moyen-Orient et de la manière dont des millénaires de voyages ont fait de nous des frères. Le mot « sefer » existe en arabe, en persan et en turc. En arabe et en persan, il signifie « voyage », tandis qu'en turc, il désigne un « invité ». Il me tenait à cœur que le titre de cette pièce soit un mot commun à ces trois langues, car je voulais montrer que, malgré nos différences propres, nous partageons aussi beaucoup de points communs. Nos langues sont très différentes les unes des autres, mais des millénaires d'échanges et de déplacements entre nos peuples ont fait naître, dans nos idiomes respectifs, de nombreux mots et expressions partagés. Ce qui rend le voyage passionnant, ce n'est pas seulement la découverte de nouvelles expériences, c'est aussi la façon dont il transforme l'individu. En composant cette œuvre, j'espère avoir su traduire ce sentiment d'émerveillement, cette exploration de lieux inattendus et cette métamorphose vers quelque chose de nouveau et d'imprévu.
Calvin Rice
“A Child’s Fantasia”
pour violon, clarinette et tombak, conjugue les traditions musicales persane et occidentale en s'appuyant tant sur le système modal du dastgāh que sur des modes occidentaux tels que les gammes octatonique et par tons. L'instrumentation reflète également cette fusion : le tombak, instrument de percussion traditionnel persan, y est associé à la clarinette et au violon, plus courants dans la musique classique occidentale.
L'œuvre vise à dépeindre les rêveries détaillées, élaborées et souvent exaltantes d'un enfant. Dans ces mondes imaginaires, celui-ci peut tour à tour incarner un aventurier héroïque, un chef d'armée ou peut-être un tueur de dragons. La pièce adopte librement la forme d'une fantaisie, évoluant à partir d'une écriture soliste et improvisée. Au fil de son déroulement, elle gagne en intensité jusqu'à frôler l'effondrement. Un ultime geste ramène brutalement le jeune aventurier à la réalité, mais il ne tardera pas à se perdre à nouveau dans un autre monde de sa propre création.
Ethen Resnik
Jashn
Jashn est un court morceau de musique qui a été composé en 2026, pour trois instruments persanes. Le titre de mon morceau, Jashn, est le mot persane pour la fête, ou peut-être une petite célébration. La musique a un sens d'énergie et de passion, mais il y a un sens de tranquillité aussi, ainsi qu’un niveau d’improvisation entre les trois instruments. Dans mon morceau de musique, j’essaie de créer une conversation musicale et chaque instrument répond à l’autre, comme s’ils parlaient ensemble. De plus, la musique évoque des ondes positives.
En tant que compositeur, ma musique est une réflexion de mes expériences personnelles, et les sonorités sont inspirées par la nature et l’environnement. De façon similaire, je m’inspire de mes voyages et de mes mémoires.